Partager un cocktail au bord de la mer, c’est tentant. Mais en 2025, une simple story peut coûter très cher. En postant leurs vacances en temps réel, de plus en plus de Français deviennent les complices involontaires de leur propre cambriolage.
Un “like” qui coûte 20 000 euros
Jérôme, 42 ans, pensait simplement faire rêver ses amis en publiant des stories depuis la côte amalfitaine. Plages turquoise, dîner les pieds dans l’eau, check-in à l’aéroport… Il a documenté son voyage comme tant d’autres. Mais à son retour à Nantes, son appartement avait été entièrement vidé. Ordinateurs, bijoux, téléviseur, objets de valeur… tout avait disparu. Les cambrioleurs ont eu dix jours tranquilles pour faire leurs emplettes, et sa porte d’entrée n’a même pas été forcée : ils ont eu le temps de chercher le double.
Préjudice : 20 000 €. Et surtout, une mauvaise surprise en plus : son assurance habitation refuse de l’indemniser, jugeant qu’il a “commis une imprudence numérique manifeste” en exposant sa localisation et la vacance de son domicile.
Une méthode bien rodée, et trop peu connue
“Certains malfaiteurs ne repèrent plus les maisons en voiture, ils scrollent Instagram ou TikTok”, explique un officier de gendarmerie en région PACA. “Ils notent les adresses visibles, recoupent les visuels, et agissent dans les 24h. Ils n’ont plus besoin de vous suivre, vous leur mâchez le travail.”
Les comptes publics sont les plus exposés, mais même les comptes privés ne sont pas infaillibles : les stories sont parfois visibles par des connaissances d’amis, ou des abonnés peu fiables. Selon une étude de Cybermalveillance.gouv.fr, près d’un tiers des cambriolages urbains en période estivale pourraient être facilités par une exposition sur les réseaux sociaux.
Les assureurs tirent la sonnette d’alarme
De plus en plus d’assureurs ajoutent désormais des clauses de “négligence numérique”. En clair : si vous exposez de manière publique et explicite votre absence prolongée, vous pouvez être partiellement, voire totalement, dédommagé à vos frais.
“La frontière est fine entre vie privée et exhibition sur les réseaux. Nous ne demandons pas aux gens d’arrêter de partager, mais de le faire en conscience”, rappelle une porte-parole d’un grand groupe d’assurance français.
Les bons réflexes à adopter
- 📵 Ne publiez jamais en temps réel vos vacances si votre compte est public
- 📍 Évitez la géolocalisation et les hashtags évocateurs (#vacances, #sunset, #grèce2025)
- 🔐 Paramétrez vos stories pour qu’elles ne soient visibles que par des proches fiables
- 📷 Publiez vos photos au retour : vos souvenirs ne perdent rien à être partagés avec un peu de recul
- 🧠 Ne montrez jamais l’intérieur de votre maison, vos clés ou systèmes de sécurité
Le cambriolage “connecté” est devenu la nouvelle norme estivale. En 2025, ce n’est plus la porte d’entrée qu’on doit verrouiller en priorité, c’est sa story. Avant de publier, posez-vous une seule question : à qui suis-je en train de dire que je ne suis pas chez moi ?
Et si vous n’êtes pas prêt à répondre à cette question… gardez vos plus beaux clichés pour la rentrée.
